Chanson des mollets qui ont arrêté de grandir : l’agenda 92

Publié le par L. Eliot

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Lam – Sol – Lam – Mim
ma sœur a dispersé tous mes jouets de fer
Lam – Sol – Lam – Mim
soldats américains toupies & billes de verre
Do – Sol – Lam – Mim
je l'ai prise par la tresse & l'ai fait tournoyer
Lam – Sol – Lam – Sol/Ré - Lam
là-bas sur le talus je l'ai vu toucher terre

on avait découvert au pied du châtaigner
une bouche de glaise pleine de tessons verts
on faisait des serments pour deux cent millénaires
voir Panama City ou chevaucher la mer

maman nous appelait quand elle avait 30 ans
pour les verres de crème des tous derniers instants
nous on traînait un peu à se piquer dans l'herbe
& à toucher la joie de nos sexes imberbes

on revenait au parc écrire des histoires
d'enfants abandonnés & d'océans à boire
les oiseaux se taisaient & on ne bougeait plus
l'eau coulait infinie jusqu'à perte de vue

***

perdu dans les couloirs entrouverts de la ville
je cherche ton regard dans la foule tranquille
je cherche dans les morts un signe distinctif
un peu de sang aux mains ou de feu maladif

ma sœur a déchiré l'agenda 92 (nonante-deux)
l’horaire des marées & les matins heureux
je l’ai prise par le cou & et je l’ai étranglée
la vie la mort et l’air nous frôlaient les mollets


(Un jour, j'achèterai un vrai micro, et une belle voix aussi. Et alors je deviendrai chanteur.)
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Publié dans Natashquan

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N
J'aime encore et toujours, ces mots vivants
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F
ce poème est carrément magnifique....<br /> tilk
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