Vervoz : l'étang

Publié le par Leonard Eliot

J'entame ici une série de 3 vieux machins écrits à Vervoz (à la limite entre le Condroz et l'Ardenne belge), où la chambre que j'avais loué dans les dépendances d'un château donnait sur un étang baigné de lune et d'oies sauvages. L'endroit était suffisamment stéréotypé pour que j'en sorte ces petits textes exaltés qui le sont tout autant.

J’ai pleuré mes fantômes assis près de l’étang,
Lorsque la nuit tombait et que les arbres morts,
Se mettaient à danser sous la plainte du vent,
Ce Murmure affaibli, vague appel de cor

L’eau verte et languissante baignée de clair de lune
Effaçait mes pensées, mes croyances d’antan,
Reprenant mes images, les noyait une à une,
Riant de mon passé comme on rit du néant.

Tu chasses mes démons, étang crépusculaire,
Les fées déjà se meurent, le parfum est fané,
Mais où sont mes ivresses, mes amours légendaires,
Où sont les orchidées et mes douces pensées.

Elles sont mortes d’ennui dans l’eau noire de la nuit,
Elles se sont envolées vers d’autres âmes en peine,
Il ne me reste plus qu’un visage affaibli,
Qu’un reflet pâle et gris comme un tombeau de reine.

Ce reflet monotone sera mon Paradis,
Si je suis assez fou pour voir dans cet ennui,
Le sourire d’un ange simple et nimbé de lys
Et pour voir le bonheur dans la monotonie
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Publié dans Premiers écrits

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C
On ne sait pas si c'est l'âme de Gérard de Nerval ou celle de Rimbaud ! a moins que ce ne soit le pays où l'on arrive jamais !
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