Tout haut
TOUT HAUT : il peut venir, maintenant, le soleil
il peut bien recouvrir en silence et en paix le goudron écrasé de la dernière piste. les oiseaux amoureux posent sur le sol des morceaux de phrasé et en paire futiles s’endorment sur les fils du dernier télégramme. les cigarettes éteintes auront jusqu’à demain pour s’autodégrader, les décharges publiques seront réfrigérées pour la lignée suivante.
si le soleil est là, rechaussez vos lunettes, je vais lancer l’appel des années de l’histoire qui seront épargnées. votre portée du monde sera à tout jamais réduite à ces printemps. et vous y reviendrez, indigents amblyopes, vous attiédir le cœur au milieu de l’été.
la liste n’est pas longue, suivez le boulevard et près de la remise, arrêtez au parking. vous verrez le bûcher que j’y ai fait monter et où je suis monté. Venez y déposer votre bonne conscience et les quinze pour cent de votre identité. En rentrant, laissez le soleil sans un mot régner et débranchez vos regards.
(Des alouettes de Sept-Îles)