Un jazz
J’ai passé la nuit accoudé à une fille
Un matin de buvette à l’étage
Sombrant dans le velours des hôtels embrouillés
À travers pianos et boissons vaporeuses
Un instant de croisière dans l’air de l’hiver
Allumant paqueté des baguettes d’encens
J’écoutais – sa voix figée dans la cire
Suivre son sillon
Et l’eau du ciel
J’ai suivi un instant le tintement des verres
La flambée de l’osier
Un jazz, décolleté, ses lèvres lucratives
Trompettes coloniales
Jusqu’au port, jusqu’au quai,
J’ai serré dans mes bras
L’étui de ses histoires
Et fumant ses joues douces
Goûtant l’eau de sa vie
J’ai pavé mon retour
À la chambre affectée
L’oreille bourdonnait
J’ai entendu, je crois
Le barrissement des cahutes
D’un passé
Qui tarde à revenir
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