I ache for you baby
23:58 : deux minutes avant le grand basculement : j’allume une belgam vingt en fin de course – j’ouvre une jupiler maxi 50 volée à mon colocataire – Internet ne fonctionne plus depuis dix minutes, je branche je débranche, Internet est mort – je ne veux plus lire de poésie, la lumière de la chambre rouge transperce la peau de mes yeux – ma bite est plus forte que mon cœur, ça me chauffe le ventre – j’ouvre la fenêtre, je fais glisser les rideaux, et la main entre les cuisses dans le noir.
00:04 : juste assez de tabac pour en tirer une autre avant de descendre chez Izmir – en fumer une autre à la fenêtre, devant les guirlandes de Noël, par cette chaleur des nuits malsaines de janvier 2007. Jupiler. Elle glisse dans ma bouche comme une mer dans la rue de l’Hôtel des Monnaies. Et moi, mon amour, et moi, ma mère, vers où vogue-je ? Où est le vide dans l’Histoire qui m’était destiné?
00 :41 : j’ai dû me résoudre à sortir – rue vide, glissante, ascenseur, lampe du couloir en veilleuse, chambre rouge – ça sent le tabac, j’ai de l’encens, fenêtre ouverte, Belgam 20 tout frais – la Magie est en marche à l’autre bout de la ville, ici c’est encore désert.
01 : 02 : tu as du l’entendre, j’ai épelé ton nom 33 fois. Lambertini.
02 : 36 : peur de fermer les yeux sur un nouvel échec : Abimélek et Abram sont à Bersabée, Sandor Maraï à Budapest, Leonard Eliot à Saint-Jean-Chrysostome, la neige est emportée par la neige, il y a un ciel immense qui se reflète sur le givre d’Etchemin secoué.
03 : 21 : I ache for you, baby, szeretlek polyphonique avec Karady Katalyn.
Karády chante Budapest, le velours des fauteuils, les motifs du papier-peint – la mélodie s’envole sur le boulevard sombre et désert. La fenêtre d’en face est ouverte, mais le store blanc de peinture caillée refermé – je vois le filtre de lumière faible d’une lampe de chevet jaune concentré – jaune des phares sur les autoroutes de France 1990. Tram jaune à la Barrière, Karady part, ses deux lions sans langue pour la nuit restent à ma fenêtre.
04 :02 : Leonard Eliot… il faudra bien que je rêve encore de Venise : « vieille pute immortelle, mes lions sans langue mangent tes mercenaires de l’Arsenal, et tous les touristes français pleureront Napoléon »
Il faudra bien que je rêve encore de Venise, puisque l’Histoire m’a oublié, et qu’Internet est mort.
00:04 : juste assez de tabac pour en tirer une autre avant de descendre chez Izmir – en fumer une autre à la fenêtre, devant les guirlandes de Noël, par cette chaleur des nuits malsaines de janvier 2007. Jupiler. Elle glisse dans ma bouche comme une mer dans la rue de l’Hôtel des Monnaies. Et moi, mon amour, et moi, ma mère, vers où vogue-je ? Où est le vide dans l’Histoire qui m’était destiné?
00 :41 : j’ai dû me résoudre à sortir – rue vide, glissante, ascenseur, lampe du couloir en veilleuse, chambre rouge – ça sent le tabac, j’ai de l’encens, fenêtre ouverte, Belgam 20 tout frais – la Magie est en marche à l’autre bout de la ville, ici c’est encore désert.
01 : 02 : tu as du l’entendre, j’ai épelé ton nom 33 fois. Lambertini.
02 : 36 : peur de fermer les yeux sur un nouvel échec : Abimélek et Abram sont à Bersabée, Sandor Maraï à Budapest, Leonard Eliot à Saint-Jean-Chrysostome, la neige est emportée par la neige, il y a un ciel immense qui se reflète sur le givre d’Etchemin secoué.
03 : 21 : I ache for you, baby, szeretlek polyphonique avec Karady Katalyn.
Karády chante Budapest, le velours des fauteuils, les motifs du papier-peint – la mélodie s’envole sur le boulevard sombre et désert. La fenêtre d’en face est ouverte, mais le store blanc de peinture caillée refermé – je vois le filtre de lumière faible d’une lampe de chevet jaune concentré – jaune des phares sur les autoroutes de France 1990. Tram jaune à la Barrière, Karady part, ses deux lions sans langue pour la nuit restent à ma fenêtre.
04 :02 : Leonard Eliot… il faudra bien que je rêve encore de Venise : « vieille pute immortelle, mes lions sans langue mangent tes mercenaires de l’Arsenal, et tous les touristes français pleureront Napoléon »
Il faudra bien que je rêve encore de Venise, puisque l’Histoire m’a oublié, et qu’Internet est mort.
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