De merde et de sang

Publié le par L. Eliot

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Je ne veux pas que tu fasses la vaisselle
Laisse donc pourrir moisir
Les restes de nos repas
Comme nous laissons pourrir
Les ivrognes
Rongeant nos rues léopoldiennes

Tu peux toujours frotter les tâches de vin
Ne partirons pas
Les regards aliénés sont là pour rester
La démence est définitive

La poubelle est pleine de papiers vierges
Non-utilisés – jaunis par la pluie
Que crachent les gouttières
Pleines de mousse et de nœuds
De cheveux

Des esclaves au crâne et aux souvenirs
Rasés toussotent dans la gouttière
Débordante - je ne veux pas
Que tu les nourrisses
Ils iraient chier leur laideur
Au bas de l’immeuble
Qui se désagrège déjà
Sous l’acide de leur pisse
Séchée

Laisse entrer les mouchettes
Se coller à nos repas figés
Regarde la lune
Jusqu’à ses frontières
Nous sommes murés
Bouchés sous une cloche de ciel
De merde et de sang

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Publié dans Les oiseaux noirs

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P
Une acidité emplie de lucidité, des mots à vif, à fleur de chair et de sang. Humain... faible humain.<br /> Texte au titre qui donne à rêver, des jours douloureux, des lumières à éclairer.<br /> Je m'accroche aux murs déchiquetés.
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A
"laisser pourrir moisir les restes de nos repas,<br /> la démence est définitive."<br /> <br /> la vérité affleure dans l'interstice
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J
Je reviens vous voir avec toujours autant de plaisir. Et ce très souvent. <br /> J'ai créé une page à propos de votre blog sur le mien (rubrique : "Mes bloggeurs confraternels"). Si vous souhaitez changer quelque chose, n'hésitez pas à me le signaler.<br /> A bientôt.
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