Le temps des conséquences (lettre à mon père)

Publié le par L. Eliot

lucas-valley.jpgLes lettres que tu envoies jusqu'ici Ont l'odeur du début des printemps de Mon enfance, la douce assurance Du vent par la fenêtre. Il y a Des jours d’anniversaire qui ont cette félicité / Tu est né avec la Lune au milieu des voyages et des danses Et chacun de tes mots porte en lui les Rayons de tes yeux et l’eau de ton corps / On a des choses à se dire depuis que Tu as quitté le pays pour la Californie. La ville est toujours plus chaude Et les gens ici ne croient plus que la Glace reviendra (même dans leur frigo). Les oiseaux ne viennent plus auprès du Cabanon qu’on avait préparé toi Et moi pour les hivers rudes et blancs, et Notre école a été remplacée par Le musée des vrais anniversaires. Toi qui est instituteur dans le val Aux raisins, où le vent est charmant et Les rires d’enfants murmurent avec le Temps, entends-tu ou vois-tu le moindre Signe de changement ? entends-tu les cris Rauques – vois-tu les files des condamnés A mourir de soif ? parle-t-on parfois Allemand entre deux mots d’anglais comme Pour dire : Sie Kommen ; on a eu tout le Temps de voir venir le nuage de Sang, de changer les coutumes déphasées, De planter dans la terre autre chose que Du fer ? À la sortie de l’école, A l’entrée du village, perçois-tu La rumeur du jour qui ne s’éteint plus ? Je sais que c’est facile de demander Cela quand tout autour de moi tournent Les débris brûlés de mon usine à rêve… J’avais dit à mes enfants (que je n’ai Pas pu voir naître au milieu de ce four) Ce que maintenant je veux te demander, A toi qui est mort dans les illusions Du travail accompli – où est ta part Dans les flammes qui me rongent le corps ? Et quand viendra le temps des conséquences ?

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Publié dans Les oiseaux noirs

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A
mais qu'a-t-il fait ce père, <br /> sinon enfanter dans la chaleur des fours, <br /> des jours heureux<br /> des heures charmantes...<br /> et toi à présent, tu as froid<br /> ce feu qui brûle au coeur de toi<br /> ne réchauffe pas l'enfant qui rêve encore...
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N
Je m'émerveille. Merci pour ces mots que je peux lire ici. Lire à défaut de pouvoir écrire. Lire et ne pas sombrer : sentir, que la poésie existe. Que le mot existe. Moi qui le cherche, voller Hoffnung und doch hoffnungslos.<br /> Merci
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E
je ne sais + si je te l'ai déjà dit mais je suis heureux de trouver en toi & quelques autres 1 communauté de poètes hallucinés sur les blogs dans laquelle je me sens en correspondance
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