Le retour

Publié le par Leonard Eliot

Deux policiers se tiennent la main.
Une monitrice crie en serrant les fesses.
Un noir obtus prend des photos de lui dans mon champ de vision, m'obligeant à me lever pour regarder la foule s'écouler du couloir. Tout à l'heure une fille va surgir de cette foule. Elle viendra de descendre du ciel. Elle en aura l'air.
En attendant, des milliers de larmes d'argent scintillent dans la pelouse à côté de la voie. En attendant rien de concret à dire au ciel vert qui se colle à la vitre sale. Juste une prière minuscule sous forme de contretemps. En attendant aller-retours sur la Bondgenotenlaan ensoleillée, juste pour l'odeur de fraise et les gargouilles grises. En attendant, je fouille ma tête pour repérer la forme de ses seins. Une cigarette pour me rappeler sa bouche, et cette fumée qu'elle pousse avec la langue.
Un vieillard traine un imperméable trop grand.
Mr Nichols n'est toujours pas sorti.
La foule s'écoule. Une fille va surgir de la foule. Elle aura l'air de sortir de l'eau. Elle saura mon amour.
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B
je vais pas te dire à chaque fis que c'est très bon! si! bon et bien c'est très bon<br /> mais elle sortira peutêtre de sous la terre<br /> et elle sera de la couleur des pierres :éternelle<br /> fernando
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K
Elle descendra avec les larmes du ciel dans un nuage de fumée poussé par une langue au gout de fraise...
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C
bizarre ce poème dans le poème...<br /> je vais d'une photo ancienne a une autre, dans un voyage hors du temps ou l'amour est impossible et nostagique...
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D
Il est 6 h au clocher de l'église<br /> Dans le square les fleurs poétisent<br /> Une fille va sortir de la mairie<br /> Comme chaque soir je l'attends<br /> Elle me sourit<br /> Il faudrait que je lui parle<br /> A tout prix<br /> <br /> Je lui dirai les mots bleus<br /> Les mots qu'on dit avec les yeux<br /> Parler me semble ridicule<br /> Je m'élance et puis je recule<br /> Devant une phrase inutile<br /> Qui briserait l'instant fragile<br /> D'une rencontre<br /> D'une rencontre<br /> Je lui dirai les mots bleus<br /> Ceux qui rendent les gens heureux<br /> Je l'appellerai sans la nommer<br /> Je suis peut-être démodé<br /> Le vent d'hiver souffle en avril<br /> J'aime le silence immobile<br /> D'une rencontre<br /> D'une rencontre<br /> <br /> Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher<br /> Dans le square les arbres sont couchés<br /> Je reviens par le train de nuit<br /> Sur le quai je la vois<br /> Qui me sourit<br /> Il faudra bien qu'elle comprenne<br /> A tout prix<br /> <br /> Je lui dirai les mots bleus<br /> Les mots qu'on dit avec les yeux<br /> Toutes les excuses que l'on donne<br /> Sont comme les baisers qui s'envolent<br /> Il reste une rancoeur subtile<br /> Qui gâcherait l'instant fragile<br /> De nos retrouvailles<br /> De nos retrouvailles<br /> <br /> Je lui dirai les mots bleus<br /> Ceux qui rendent les gens heureux<br /> Une histoire d'amour sans paroles<br /> N'a plus besoin du protocole<br /> Et tous les longs discours futiles<br /> Terniraient quelque peu le style<br /> De nos retrouvailles<br /> De nos retrouvailles<br /> <br /> Je lui dirai les mots bleus<br /> Ceux qui rendent les gens heureux<br /> Je lui dirai les mots bleus<br /> Ceux qui rendent les gens heureux<br /> Tous les mots bleus<br /> Tous les mots bleus<br /> <br /> (et la voix de bashung)
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