Au frère qui m’inonda de lumière

Publié le par Leonard Eliot

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dessin offert par Razavif

Je ne cesse de rêver à toi. J'ai encore rêvé de toi. Je ne cesse de rêver à toi.

Être supérieur. Déjà sur les photos de ton enfance, tu es Tadzio, angelot détaché de la terre, flottant entre les colonnes massives des palais que tu traverses.

Tu es venu jusqu'à moi
en marchant sur l'eau

J'ai traversé mille Danube
à la nage
pour te rejoindre, ensuite
pour te fuir.

Les yeux qui doucement se ferment et le visage qui se tourne en douceur. Arrogance des cumulus de fumée sortant de ta bouche sure, fine et tranchante.

Tu me poursuis. Je veux dire tu me cours après. Être supérieur. Tu me gâches tout repos. Tu me réveilles avec des oursins puants. Tu te moques de mon évolution. Je me demande à quel point, dans ta liberté baroque, dans tes envols grassouillets, tu as considéré mes manquements.

Tu t'en moquais, je crois. Mes récitations d'ustensiles de cuisine t'excitaient :

- louche, râpeuse
- encore
- manique

- oui
- fourchette, poêle, wok
- aah

Dans les dernières semaines, triste et résigné, je passais Song for the Asking en boucle sur le pickup. J'aimais les violons, ils te faisaient voltiger au plafond défraîchi, tu le traversais comme un nuage, élancé en maître-poète de toute chose. Cloué au sol, je ne voyais plus que tes chaussures, si beaux souliers souillés de bourgeois décadent. Ils étaient hors de ma portée.

J'ai acheté les mêmes pour continuer à marcher tout seul et je suis sorti.

Je sais qu'à ta manière, tu me cours après, je dois te manquer terriblement. Tu en baves la nuit, en chie le jour de ton anus dilaté. Sans rien comprendre, je voyais le plus beau, sexe dressé, feuilles d'automne, sang aux lèvres, pipes au miel. Tu t’en rends compte. Tu me poursuis, on se croise entre deux rames de métro. Tu ne m'attraperas plus. Je te nargue. Saute-moi dessus. Tout ce que je n'ai jamais voulu t'accorder. Viens le prendre.

Ask me and I will play,
So sweetly I'll make you smile.


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Publié dans Les oiseaux noirs

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I
aussi magnifique que tous les autres
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C
Bonjour, vous êtes passé un jour chez moi, j'avais conservé votre adresse. Je ne regrette pas de l'avoir fait. Votre style d'écriture, concision, précision, signifiante, me fait un prodigieux écho entre les deux oreilles.
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C
http://www.dailymotion.com/video/x24hre_biopole<br /> Tiens, pour toi qui aime les trains. Un ami qui les aiment aussi...<br /> Ton commentaire quelque peu mouillé me laissée de... comment dire ? Glace ?
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A
Je m'immisce dans ces commentaires... en me demandant si tu n'es pas plus poursuivi par Thomas Mann et sa Mort à Venise que par ton frère... sans doute un peu des deux??
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C
Ah, que dire de toi alors, de ça ? Me deviendrais-tu indispensable?<br /> Oui, j'avoue...
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